| La Stratégie 2002 pour
le développement durable du Conseil fédéral |
"La 'Stratégie
2002 pour le développement durable' se fonde sur celle de 1997
et la développe. Elle est cependant plus globale que la précédente,
qui était délibérément sélective"
.(...) "La nouvelle stratégie
obéit à une approche globale et vise une intégration
des principes du développement durable sur tout le territoire et
dans tous les domaines politiques. Pour mieux ancrer cette approche globale,
la nouvelle Constitution fédérale prévoit que lois,
programmes, conceptions et projets se référeront tous au
développement durable".
"Dans son préambule,
la nouvelle Constitution fédérale responsabilise le peuple
suisse et les cantons vis-à-vis des générations futures".
La définition à laquelle il se réfère "est
toujours celle élaborée en 1987 par la Commission mondiale
sur l'environnement et le développement. (
) Cette définition
se fonde sur une orientation éthique et philosophique. La responsabilité
par rapport à l'avenir, fondée sur l'équité
entre générations et régions du monde, doit remplacer
un droit global de disposer du futur. (
) En ratifiant les documents
de la Conférence de Rio, la communauté des nations, dont
la Suisse, a reconnu que ce principe de responsabilité face à
l'avenir constitue une idée directrice obligatoire."
Le rapport insiste sur le côté transversal
des mesures visant coordination entre partenaires et partenariat avec
les difféfrents acteurs concernés ( société
civile, cantons et communes) : "Une stratégie
du Conseil fédéral qui se limiterait à la politique
de la Confédération aurait donc trop peu d'effets. (
)
De même (
) une stratégie limitée aux pouvoirs
publics aurait trop peu d'effets. (
) La société civile
et le secteur privé seront donc aussi intégrés dans
la politique du développement durable". Dans l'idée
d'assurer une meilleure cohérence, le rapport insiste aussi sur
le rôle des instruments d'évaluation et de suivi, et sur
les lieux de concertation. Cependant, et c'est aussi la plus grande lacune
du rapport, "le présent rapport stratégique ne comporte
aucune décision de financement. Les coûts et le financement
des actions seront concrétisés au cas par cas dans la suite
des travaux. Le financement de chacune d'elles doit être assuré
par le processus budgétaire ordinaire."
Source : Conseil fédéral suisse - Stratégie
2002 pour le développement durable, mars 2002
Les 22 actions, toutes choisies
en raison de la dynamique qu'elles sont susceptibles d'entraîner
et des lacunes qu'elles permettent de combler, peuvent être regroupées
de la manière suivante:
| 1) Actions de
l'ordre de la "capacity building" et des instruments |
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Incitations fiscales à ménager les ressources
"Malgré le refus par le peuple des projets énergétiques
le 24 septembre 2000, le Conseil fédéral juge important
d'étudier à moyen terme diverses incitations fiscales
(
). Le but est d'obtenir un transfert de la charge fiscale,
financièrement neutre, du travail vers l'énergie".
Cette réflexion s'inscrit notamment dans le débat
au sujet de la loi sur le CO2 et sur les actions menées au
plan international à ce propos (action no3).
Sensibilisation de la population à travers
la formation
"Un débat public aussi large que possible est nécessaire
pour diffuser et mettre en uvre le concept de développement
durable. (
) Il importe pour cette raison de mieux faire connaître
les offres spécifiques de formation et de formation continue
consacrées au développement durable (
). Un forum
de discussion permettra à la Confédération,
aux cantons, écoles, entreprises et autres intéressés
d'échanger leurs expériences dans le but de développer
les programmes de formation et de formation continue (
)."
(Action no5)
Suivi du développement durable
"En développant un système d'indicateurs destinés
à évaluer le développement durable, le Conseil
fédéral veut informer régulièrement
la population et les décideurs de la situation et des tendances
de ce processus quant à ses trois dimensions (économie,
environnement et société)." Cependant, "il
s'agit d'adapter constamment le système d'indicateurs aux
changements des besoins et des problèmes." (Action no21)
Évaluation de la durabilité
"Le but est de développer un outil qui estime les effets
de projets de loi, conceptions et projets sous l'angle des trois
dimensions du développement durable et puisse indiquer les
déficits éventuels." La mesure consiste à
établir, en premier lieu, les activités susceptibles
d'être soumises à cette évaluation et de définir
précisément les outils et le meilleur moment de les
appliquer (action no22).
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| 2) Actions
d'ordre économique et social |
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Priorité au service public dans le domaine des infrastructures
"Il s'agit d'évaluer et de développer la conception
appliquée jusqu'à présent pour assurer le service
public dans le domaine des infrastructures. Cette conception comprend
(
) la définition politique des prestations à
fournir, des directives légales sur les conditions cadres
environnementales et l'intégration accrue d'éléments
d'économie de marché. Le but est de créer un
cadre d'orientation intersectoriel qui permette des solutions individuelles
judicieuses (
) et qui satisfasse aux trois dimensions du développement
durable." (action no2)
Couvrir de nouveaux risques de pauvreté
"Aujourd'hui, le revenu du travail ne suffit souvent pas à
assurer la subsistance d'une famille. Le montant des allocations
cantonales est très variable et ne couvre qu'une faible part
des coûts réels. Les possibilités de gain dont
disposent les personnes qui ont des charges éducatives (...)
sont limitées. (
) Le Conseil fédéral
s'engage donc en faveur d'un règlement des allocations familiales
au niveau fédéral (
) et soutient aussi les efforts
dans le domaine de l'accueil extrafamilial" (action no7).
Programme national "Santé, alimentation,
mouvement"
"Il s'agit de diffuser dans toutes les couches de la population
les connaissances relatives à une alimentation saine, aux
relations entre comportement d'achat et modes de production et à
la nécessité d'une activité physique suffisante".
Cet objectif passera notamment par le programme national "Santé,
alimentation, mouvement", consistant à la mise en réseau
des acteurs concernés et le lancement d'actions nouvelles.
"La population doit (
) recevoir une information intensive
sur les interactions positives entre alimentation saine, production
agricole conforme au développement durable et activité
physique suffisante, ce qui nécessite des programmes spécifiques
de formation continue et de motivation pour les enseignants et une
amélioration des déclarations de produit." (Action
no8).
Nouvelle stratégie pour la politique régionale
Il s'agit de tendre "à une conception intégrée,
programmée et conforme au développement durable"
pour la politique régionale, en vue "de renforcer la
compétitivité des régions de la Suisse dans
un contexte de grandes régions, compte tenu des dimensions
environnementale et sociale." Dans ce cadre, l'aide aux infrastructures
des régions de montagne serait transférée à
un fonds de cohésion en vue "de favoriser la compétitivité
des régions de montagne dont le territoire est limité
et de leur permettre de répondre à des défis
spécifiques, par exemple celui de garantir une offre touristique
de haute qualité et viable à long terme." (Action
no14).
Mesures incitatives pour la nature et le paysage
Il s'agit d'étudier "la possibilité d'encourager
davantage les parcs naturels et paysagers en Suisse (
). Du
point de vue économique, la politique régionale, le
tourisme doux et la vente de produits locaux s'en trouvent renforcés,
On favorise en même temps un aménagement du paysage
écologiquement adapté et une utilisation modérée
du territoire, ce qui est favorable à la biodiversité."
(Action no11).
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3) Actions d'ordre environnemental
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Introduction d'une politique intégrée des produits
Il s'agit "d'obtenir un transfert de la demande (...) vers
des produits qui répondent à des normes économiques,
environnementales et sociales exigeantes. Les produits et services
doivent désormais satisfaire à ces exigences durant
tout leur cycle de vie (
)." Plus concrètement,
cela signifie évaluer la performance environnementale des
produits pour tout leur cycle de vie (de la conception à
l'élimination) et l'optimiser, développer pour ce
faire les écobilans (coûts externes, énergie
grise, etc.), orienter autrement les achats publics, développer
l'information du consommateur sur les performances environnementales
et sociales des produits, établir un concept de la responsabilité
des producteurs pour le cycle de vie, favoriser le développement
durable en particulier dans l'agriculture et le bâtiment (action
no4).
Développer la politique énergétique
et climatique
Le Conseil fédéral souhaite "endiguer le réchauffement
climatique causé par la consommation d'énergie, avec
ses dangereuses conséquences aux niveaux mondial, régional
et local. (
) il proposera (
) en temps voulu des objectifs
de réduction pour la période postérieure à
2010. Le scénario de la société à 2000
watts sert de vision pour la politique énergétique
et climatique. Il exigerait à long terme une réduction
des gaz à effet de serre (CO2 en premier lieu) pour revenir
à la quantité d'une tonne par personne, une couverture
de la consommation énergétique de 500 watts par personne
par des énergies fossiles et de 1500 watts par des énergies
renouvelables". Des "objectifs intermédiaires"
et des délais seront précisés. Par ailleurs,
"le Conseil fédéral s'engage (
) en faveur
(
) d'un accord international" limitant les émissions
dues aux carburants de l'aviation (action no9).
Conception directrice de la mobilité durable
Il s'agit de fixer "les principes et les objectifs à
long terme d'une mobilité durable, laquelle implique une
pondération équitable des trois dimensions (
),
et servira d'instrument important de direction et de coordination.
Cette conception doit montrer en particulier par quels mécanismes
il est possible de transformer en solutions solides d'éventuels
conflits d'intérêts (
)". (Action no15).
Renforcement des transports publics
"Seuls l'augmentation de la part de marché du rail et
le renforcement des transports publics en général
permettront de maîtriser à long terme la croissance
des dépenses de transport". Il s'agit notamment de renforcer
les mesures de modernisation du rail (infrastructures, soit Rail
2000, NLFA, lien avec les réseaux européens à
haute vitesse, mandat de prestations, lutte contre le bruit). "La
garantie du service universel et une proximité accrue par
rapport aux clients sont des facteurs importants pour la dimension
sociale du développement durable." (action no16)
Promotion des véhicules propres
La "vision" du Conseil fédéral "est
un parc de véhicules dotés de moteurs particulièrement
propres, peu bruyants et à faible consommation, et de pneus
absorbant le bruit. (
) À cet effet, il y a lieu de
développer des instruments fiscaux conformes au principe
du pollueur-payeur pour encourager les véhicules propres"
et des délais et des objectifs sont fixés (action
no10).
Nouvelle politique de sécurité
routière
"(
) le Conseil fédéral vise, avec sa 'Vision
Zéro' globale, un trafic routier sans morts ni blessés
graves." Il s'agit, au cours des dix prochaines années,
par des mesures éducatives, d'aménagement et de contrôle,
de "réduire de 50% au minimum le nombre des accidents
entraînant la mort (
)" et de façon générale
d'améliorer les conditions de sécurité (action
no17).
Programme d'actions "Aménagement
durable du territoire"
"Le Conseil fédéral poursuit l'objectif de stabiliser
la surface d'urbanisation au niveau actuel d'environ 400 m2 par
habitant." Il convient notamment de concrétiser les
objectifs en matière de rénovation et de densification
urbaines, de mieux étudier "les effets territoriaux
des projets fédéraux (
), développer des
critères pour un développement durable de l'urbanisation",
mieux coordonner les activités, "donner des impulsions
pour la politique de localisation des grandes infrastructures attirant
un nombreux public". (action no13).
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| 4) Mesures relevant
de la politique extérieure de la Suisse |
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Participation à la formulation et à la mise en
uvre d'une politique multilatérale du développement
durable
"Le Conseil fédéral veut développer les
instruments de politique multilatérale (
) afin de défendre
davantage les intérêts du développement durable
au niveau global", ceci notamment au niveau de la politique
générale des organisations internationales, par une
politique défendant "de façon ciblée les
intérêts des pays (...) les plus pauvres", et
par des partenariats avec des milieux externes afin de mieux ancrer
l'approche multilatérale dans l'opinion publique (action
no18).
Promotion civile de la paix, prévention
des conflits et reconstruction
"La paix et la sécurité sont des bases essentielles
pour un développement durable. Le Conseil fédéral
veut agir (
) en faveur de conditions qui permettent une résolution
non violente des problèmes existants. (
) Il privilégie
des efforts de médiation, d'incitation à la confiance
et de prévention des conflits (
). Des programmes d'action
et des experts (
) contribueront à convaincre les acteurs
clé (...) de régler les conflits pacifiquement. (
)
Le Conseil fédéral vise (
) un renforcement des
structures démocratiques, institutionnelles et civiles. Dans
le domaine de la coopération au développement, il
met l'accent sur la suppression des causes structurelles de conflits,
la fourniture d'aide humanitaire d'urgence et la reconstruction
sociale, économique et environnementale". (Action no20).
Encourager la collaboration scientifique avec
les pays en développement ou en transition
Dans le domaine de "la collaboration scientifique entre la
Suisse et les pays en développement ou en transition",
ainsi que dans celui de "l'apprentissage systématique"
du développement durable, "Le Conseil fédéral
(
) décidera s'il propose (
) des actions supplémentaires
ou peut-être une intensification des actions existantes, dans
le cadre de son message concernant l'encouragement de la formation,
de la recherche et de la technologie". (Action no6).
Nouvelles formes de financement du développement
"Outre l'augmentation déjà décidée
de l'aide publique au développement à 0,4% du PNB
d'ici 2010, le Conseil fédéral considère qu'un
flux renforcé de capitaux privés en direction des
pays les plus pauvres, par des investissements directs ou dans le
cadre de partenariats entre particuliers et pouvoirs publics, est
un instrument important (
). La Suisse s'engagera, dans le
cadre d'efforts multilatéraux, en faveur de la mise en valeur
de nouvelles sources de financement (
). Dans ce contexte,
la volonté politique des pays partenaires de mobiliser leurs
ressources économiques en faveur de leur propre développement
-par exemple par le biais d'un développement adéquat
de leurs systèmes fiscaux - revêt une importance décisive."
(Action no19).
Renforcement du système international
de protection de l'environnement
"Le Conseil fédéral soutient (
) un renforcement
du système mondial de protection de l'environnement ",
" aujourd'hui fortement fragmenté par l'hétérogénéité
des institutions et des accords (
) Il place au premier plan
(
) La revalorisation du PNUE (
) soutient (..) une meilleure
coordination entre tous les accords et une meilleure coordination
entre toutes les institutions, un refinancement et un renforcement
du GEF". (Action no12).
OMC et développement durable
"La Suisse s'emploiera à faire avancer la libéralisation
et l'intégration de l'économie mondiale (
) Mais
le système économique et financier mondial ne subsistera
à terme que s'il intègre des exigences sociales et
environnementales. C'est pour ces raisons que la Suisse s'engage,
à l'OMC, spécialement en faveur du développement
durable (
). Dans le domaine de l'environnement, le Conseil
fédéral s'engage donc en faveur de la cohérence
entre dispositions relatives au commerce et conventions internationales
de protection de l'environnement, en faveur de la garantie de l'information
des consommateurs (...), en faveur de normes environnementales minimales
et en faveur de l'application et de l'extension du principe de précaution
et du pollueur-payeur au sein de l'OMC". (Action no1).
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Source : http://www.are.admin.ch/are/fr/nachhaltig/strategie/index.html
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